Commémoration de l'abolition de l'esclavage le 10 mai 2008 à Amiens |
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Discour du président de l'UDA |
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Monsieur le Préfet,
Permettez-moi avant tout propos, de rendre un vibrant hommage à celui qui vient de nous quitter ces dernières semaines, et qui a fait de toute sa vie un long combat pour la dignité, la liberté et l'émancipation de l'homme noir. Je veux ici saluer la mémoire de notre héros et parrain de l'Union Des Africains : Aimé CÉSAIRE. Tout d'abord, je voudrais vous dire combien je suis ravi de voir tant de personnes participer à cette journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage. L'histoire des hommes, dont nous avons aujourd'hui le devoir et la responsabilité de transmettre aux générations à venir, ne saurait continuer à s'écrire dans l'obscurantisme idéologique que subissait encore il y a moins de 50 ans le Professeur Cheikh Anta Diop lorsqu'il entreprit le travail révolutionnaire de restauration de la Conscience Historique Africaine et au-delà celle de l'Humanité. Tous les pans de l'histoire africaine dans sa pluri-dimensionnalité devront être revisités avec objectivité scientifique. L'accent sera tout particulièrement mis sur les impacts négatifs cumulés des faits historiques de ces 500 dernières années sur les développements économique, technologique, politique, démographique, culturel, psychologique et social. Ces facteurs doivent être pris en compte dans l'explication des réalités contemporaines. À travers l'Histoire de l'Esclavage, de nombreuses questions doivent encore être abordées. En effet, pour qu'une démocratie naisse et se consolide, la majorité de la population doit avoir des aptitudes, incarner et développer des valeurs, et faire montre de comportements qui sont en conformité avec l'esprit démocratique. Une des valeurs les plus importantes est la dignité de l'être humain. Mais à travers le monde, il existe de nombreux cas où cette dignité de l'être humain est bien ignorée, voire bafouée. C'est ainsi que des adolescents et des enfants, parmi les couches les plus démunies de la société, sont achetés, volés et revendus comme de la vulgaire marchandise. Ils deviennent ainsi victimes de diverses formes d'exploitations qui vont des travaux forcés à l'abus sexuel. Ils deviennent les victimes de la traite. Ce fléau qui est « une forme moderne d'esclavage » doit être combattu, sans relâche, sous tous les cieux et en toutes occasions. En effet, il est impossible d'instaurer la démocratie là où l'esclavage existe. |
![]() Chaque nation doit jouer son rôle pour défendre la dignité et les droits de l'être humain. Chaque communauté doit combattre la traite des personnes. C'est ce en quoi le thème choisi au cours de cette 3e édition de la journée de commémoration de l'esclavage et de son abolition s'intitule « l'Esclavage et sa continuité au 21è siècle » et j'en laisserai le soin aux intervenants de nous en dire bien plus au cours des débats et échanges qui interviendront. Mesdames, Messieurs, le travail que vous menez ici et là est un devoir civique. Nous devons tous participer en protégeant ceux qui en ont besoin. La route est encore bien longue quoique l'on mesure le chemin parcouru. La victoire sur l'esclavage passe par la voie de la liberté qui est la pierre angulaire de la démocratie moderne. |
La liberté d'être soi
Or, en cette ère de plaisir instantané, de narcissisme et de clinquant, il est facile d'oublier que les libertés considérées comme un acquis résultent de la lutte qui a mis un terme à l'un des plus grands crimes que l'humanité ait connus, le commerce transatlantique des esclaves. |
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Commémoration de l'abolition de l'esclavage le 10 mai 2007 à Amiens |
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Le 10 mai 2007, à Amiens,
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Le Président de l'union des Africains (UDA), Monsieur Michel KITOKO a prononcé un discours très impotant et dont nous vous proposons son intégralité ci-bas. Discours historique prononcé le 10 mai 2007 à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage au Carré de la République à Amiens (France) par Monsieur Michel KITOKO, Président de l’Union des Africains (U.D.A) |
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" Monsieur le Préfet, Représentant de l’état Français Aujourd’hui, nous célébrons la 2e édition de la journée de commémoration d’abolition de l’esclavage. Pour cette journée, je viens vers vous, porté par un sentiment d’espoir et de confiance. Permettez-moi d’avoir une pensée respectueuse mais aussi affectueuse, à l’endroit des peuples, à l’endroit de la jeunesse, qui ont fait le choix de la responsabilité. Déjà une nouvelle approche de la paix, de la démocratie, du développement, notamment du développement humain. Le chemin à parcourir demeure long et incertain : toutes les énergies doivent se mobiliser. En ce siècle nouveau, de nombreux défis sont à relever, des enjeux majeurs nous attendent. Il y a encore quelque temps, cette journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, personne n’y croyait. Ainsi je voudrai tout d’abord adresser un chaleureux merci à toutes ces personnes qui, ici et là, ont mis la liberté au coeur du combat de l’humanité, et permettre de célébrer cet évènement en tant que cause universelle. - Je souhaite reconnaître l’action et le geste salutaire du Président de la République Française, Monsieur Jacques CHIRAC, d’honorer et de transmettre par cette journée du 10 Mai, une espérance de liberté, de fraternité et d’égalité, credo en lequel nous connaissons tous l’esprit de cette République qui nous rassemble. - Je voudrai saluer le travail incontestable de toutes les équipes de Madame Maryse CONDE, Présidente du Comité Pour la Mémoire de l’Esclavage, ainsi que tout le dévouement de Madame Christiane TAUBIRA à faire voter une loi française du 10 Mai 2001 qui reconnaisse comme crime contre l’humanité la traite négrière et l’esclavage qui en a résulté. Maintenant une renaissance est devenue possible, dans toutes ces consciences heurtées dans le vif de la chair et de l’esprit. Voici, l’humanité est entrée dans un âge où les destins des peuples sont indissolublement liés. Dans l’histoire de l’humanité, l’esclavage dont la traite négrière, a été une forme de tragédie qui a meurtri les continents. Les mémoires en savent suffisamment de ce poids de l’histoire. C’est une blessure profonde ouverte au coeur de l’Afrique, une blessure qui pèse encore lourdement sur l’avenir et les consciences. L’Afrique, dont il ne faut jamais oublier, est le berceau de l’humanité. Elle est dépositaire des trésors de sagesse et de culture, trésors qui permettent en réalité un autre regard sur la modernité. L’Afrique, c’est une démographie exceptionnelle, richesse et défi à la fois. Ce sont d’immenses ressources naturelles, porteuses de développement. C’est un élan, grâce au dynamisme de ses peuples, mais aussi des handicaps hérités de l’histoire. Ce sont des crises au flanc même du monde, dont la communauté internationale ne peut détourner les yeux. L’Afrique et le monde sont à la croisée des chemins. Nous sommes réunis parce que la France aime l’Afrique, se sent liée à elle par les engagements de la fraternité, de l’histoire et, tout simplement du coeur. Nous sommes réunis parce que nous sommes convaincus que l’Afrique a tous les atouts et toutes ses chances. C’est en ce sens que cette journée de commémoration d’abolition de l’esclavage est un véritable rendez-vous avec l’histoire car elle permettra de tisser les liens les plus solides avec l’avenir, le socle qui fera l’attachement des générations avec notre destin, nos valeurs de liberté, de démocratie, d’humanité, des droits de l’Homme. Ici en cette journée, il y a quelque chose de bon, quelque chose de meilleur, quelque chose de grand et qui a du sens : c’est le respect de la vie sous toutes ses formes. J’apporte ainsi un témoignage vivant contre l’oubli et le silence, l’exercice de mémoire restant incontournable et nécessaire pour faire en sorte que, ce qui a été la négation de l’être humain ne se répète plus mais que l’on puisse bâtir l’avenir en restaurant l’homme dans sa dimension d’être. Cette raison, si chère au regard de tous, donne un cadre édifiant qui se veut marquent et solennel. Ce que je vous propose, ce n’est pas de regarder en arrière pour agiter je ne sais quelle inquiétude (...) mais d’inventer ensemble la vie de la cité amiénoise, tous ensemble la France de demain. De l’histoire de l’esclavage, gardons dans nos coeurs les racines de l’amour, retenons les leçons de la tolérance pour vaincre les préjugés, prônons la dignité, l’ouverture d’esprit et le respect qui sont des marques de vertus de toute société juste, prenons acte de cette réflexion des faits que nous confèrent les enseignements de l’histoire. Certes, il est des luttes auxquelles le devoir et la responsabilité nous interpellent tous. Nous ne devons jamais tolérer qu’en ce 21ème siècle il y ait encore des angoisses permanentes concernant l’identité et la culture des individus. Aujourd’hui, presque dans tous les continents, le rapport des Nations Unies affirme que plus de 20 millions de personnes sont victimes d’asservissement. Combien de générations de familles enchaînées dans la servitude, combien d’enfants travaillent très souvent sans salaire dans des conditions épouvantables, combien de jeunes filles soient vendues pour se livrer à la prostitution, combien de pays complètement agenouillés pour des dettes qui remontent à plusieurs décennies et générations dont on ne sait dans quelles conditions ou circonstances elles ont été contractées ? |
Ces sont bien là des formes de l’esclavage moderne. Cette lutte contre l’esclavagisme moderne doit continuer pour qu’enfin, l’article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen soit une réalité applicable à tous quant à son affirmation : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ». En 1862 Abraham LINCOLN déclarait devant le Congrès Américain : « En donnant la liberté aux esclaves, nous assurons celles des hommes libres ». La profondeur de ce message tient à un principe : la liberté et la dignité ne sauraient souffrir d’aucune exception. Soyons donc vigilants, combattons toutes les facettes de l’esclavagisme moderne, cela nous permettra de construire l’humanité ensemble. Le refus de ce combat est un recul contre la liberté, un recul contre le respect de l’humain et de la vie. Regardons ensemble ce passé par le rétroviseur et, j’en suis persuadé que nous gagnerons ce combat car il y va de l’intérêt, de la dignité et de la fierté de tous. Concrétisons cette unité quelles que soient les convictions, les croyances et les aspirations des individus. Oui, je crois que cela est possible car : Ainsi au nom de l’Union Des Africains (U.D.A), nous lançons un appel à toutes les bonnes consciences, pour dire :
- NON aux égoïsmes et à l’hypocrisie ; Nous voulons crier, affirmer haut et fort : Je vous remercie. " Michel KITOKO Président de l’union des Africains (UDA) |
DISCOURS D’ANNIE-CLAUDE LEULIETTE
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"J’habite une blessure, j’habite des ancêtres imaginaires, j’habite un vouloir obscur". Ces mots qui portent haut la beauté de notre langue, la profondeur de la pensée humaniste sont d’un immense poète, Aimé Césaire et disent mieux que tout autre la souffrance que je partage avec vous à l’heure où nous fêtons l’abolition de l’esclavage. Oui, c’est une blessure immense que ces hommes, ces femmes, ces enfants exploités comme des objets et si je me réjouis que l’esclavage soit aujourd’hui considéré, de par la loi, comme un crime contre l’humanité, je comprends la colère du poète et de l’homme de paix Aimé Césaire qui constate qu’il a fallu attendre 1848 pour que celui-ci soit abolit sur le territoire de la République. Je souscris et je partage avec lui cette vision quand il affirme : Oui, il est temps, il est plus que temps de dire avec Lincoln que "si l’esclavage n’est pas mauvais, alors rien n’est mauvais". Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, il y a quelques jours à peine, la France était, encore, en campagne pour les élections présidentielles, et à vous comme à moi, il fut donné d’entendre, je le reconnais à propos d’autres sujets, que la repentance devait passer de mode. Je serais la première à considérer que le remord n’est pas une politique, mais je serais la même première à exiger que la reconnaissance d’un crime et la réparation d’une barbarie ne puisse être rayée d’un trait de plume dans les tréfonds de l’histoire. Pourquoi ? D’abord parce que si cette même histoire ne se répète pas, il lui arrive de balbutier lamentablement, et que je sache, l’esclavage n’a pas encore été totalement éradiqué de la planète, il me souvient même que des tribunaux français doivent, heureusement peu souvent, encore y faire face. Ensuite parce que les victimes en sont toujours les mêmes, les sans défense, les sans droits, les sans papiers, les plus démunis, les plus pauvres, ceux dont la parole est sans cesse bafouée, ignorée, reléguée aux confins de l’humanité… Toujours, parce que cela plaise ou non, la couleur de ceux qui souffrent est sans cesse la même, irrémédiablement la même et qu’il faut bien dire des choses simples mais vraies : esclavagisme, colonialisme, racisme et exploitation des personnes à des fins socio-économique riment lamentablement et prospèrent sur la misère des plus pauvres. Il en est même, hier autant qu’aujourd’hui, qui pour légitimer cet état de fait, passé et présent, invoquent Dieu ! A ceux là, citant un autre poète André Chénier, je dirais simplement et pour clore ce débat que "si Dieu fait la liberté, seul l’Homme fit l’esclavage" |
Mais qui dit esclavagisme invoque aussitôt son antidote, l’anti-esclavagisme, et si vous me le permettez, c’est par cette lutte formidable que je souhaite terminer cette modeste contribution à vos travaux. Je ne résiste pas à reprendre l’intégralité de l’article premier du décret du 27 avril 1848, décret anonyme, c’est dire, mais dont nous savons qu’il fut rédigé par Victor SCHOELCHER et qui stipule : "l’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises. A partir de la promulgation du présent décret, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres seront absolument interdites." Mais que de chemin parcouru pour en arriver à cette évidence, que de lutte, de combat, de résistance et de révolte pour que la liberté, droit élémentaire de tous les hommes, triomphe ? Je ne reprendrais pour l’illustrer que les propos de Louis de Jaucourt dans l’encyclopédie datée de 1776, avant même la révolution française, qui écrivait : "cet achat de nègres, pour les réduire en esclavage, est un négoce qui viole la religion, la morale, les lois naturelles et tous les droits de la nature humaine." Je pourrais bien sûr rappeler ici ce long combat, qui d’Adam Smith à Arago, en passant par Toussaint Louverture et William Pitt, traverse les 18ème et 19ème siècle. Qu’honneur et justice leur soit rendue ! Mais souvenons nous que malgré cette incessante lutte, ce n’est qu’en 1980 que la Mauritanie, dernier pays à officiellement le pratiquer, a voté son abolition. Ne soyons pas pour autant nécessairement convaincus qu’il appartient définitivement au passé et dans notre modernité surprenante d’inventivité perverse qui s’ingénie à redéfinir l’exploitation humaine sous toutes ses formes, il est une femme à qui je souhaite rendre un hommage fort et vibrant. Christiane TAUBIRA, députée de la Guyane a donné son nom à la loi française du 10 mai 2001 qui reconnaît comme crime contre l’humanité la traite négrière et l’esclavage qui en a résulté. Il s’agit de cette reconnaissance, acte essentiel à laquelle je faisais tout à l’heure allusion, mais qu’il me soit permis au passage de regretter la frilosité de ces collègues qui n’ont pas souhaité faire référence aux conditions de réparation de ce crime. Il sera nécessaire, je le crois, de le faire un jour. Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, je veux vous dire combien je suis heureuse d’être ce jour avec vous, au milieu de vous et puisqu’il faut bien terminer, je citerai ce propos qui disait : "chaque fois que je vois quelqu’un défendre l’esclavage, j’ai une énorme envie de lui voir appliquer personnellement". Tout est dit. Merci de votre attention. |
Programme |
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Groupe de Musique africaine : "Requin Blindé" |
Chorale : "Les Multivoix" |
Chorale : "Les Messagers" |
Groupe : "Idlers Row" |
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MARDI 8 MAI 2007 • Grande salle Dewailly (place Dewailly) |
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MERCREDI 9 MAI 2007 • Place Gambetta (Centre ville) MERCREDI 9 MAI 2007 • Grande salle Dewailly (place Dewailly) JEUDI 10 MAI 2007 • Place Gambetta (Centre ville) |
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Commémoration de l'abolition de l'esclavage en france 2006 |
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