Commémoration de l'abolition de l'esclavage le 10 mai 2008 à Amiens

Commémoration de l'abolition de l'esclavage le 10 mai 2008 à Amiens
Programme du 10 mai
Concert place gambetta
Hommage à Aimée Césaire

Discour du président de l'UDA

Monsieur le Préfet,
Honorables Députés, Chers Élus,
Messieurs les Ambassadeurs, Chers Diplomates, Messieurs les Professeurs, Chers Maîtres, Mesdames, Messieurs,
Chers Invités, Mes chers Amis et Collègues,

 

Permettez-moi avant tout propos, de rendre un vibrant hommage à celui qui vient de nous quitter ces dernières semaines, et qui a fait de toute sa vie un long combat pour la dignité, la liberté et l'émancipation de l'homme noir. Je veux ici saluer la mémoire de notre héros et parrain de l'Union Des Africains : Aimé CÉSAIRE.

Tout d'abord, je voudrais vous dire combien je suis ravi de voir tant de personnes participer à cette journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage. L'histoire des hommes, dont nous avons aujourd'hui le devoir et la responsabilité de transmettre aux générations à venir, ne saurait continuer à s'écrire dans l'obscurantisme idéologique que subissait encore il y a moins de 50 ans le Professeur Cheikh Anta Diop lorsqu'il entreprit le travail révolutionnaire de restauration de la Conscience Historique Africaine et au-delà celle de l'Humanité.

Tous les pans de l'histoire africaine dans sa pluri-dimensionnalité devront être revisités avec objectivité scientifique. L'accent sera tout particulièrement mis sur les impacts négatifs cumulés des faits historiques de ces 500 dernières années sur les développements économique, technologique, politique, démographique, culturel, psychologique et social. Ces facteurs doivent être pris en compte dans l'explication des réalités contemporaines. À travers l'Histoire de l'Esclavage, de nombreuses questions doivent encore être abordées.

En effet, pour qu'une démocratie naisse et se consolide, la majorité de la population doit avoir des aptitudes, incarner et développer des valeurs, et faire montre de comportements qui sont en conformité avec l'esprit démocratique. Une des valeurs les plus importantes est la dignité de l'être humain. Mais à travers le monde, il existe de nombreux cas où cette dignité de l'être humain est bien ignorée, voire bafouée.

C'est ainsi que des adolescents et des enfants, parmi les couches les plus démunies de la société, sont achetés, volés et revendus comme de la vulgaire marchandise. Ils deviennent ainsi victimes de diverses formes d'exploitations qui vont des travaux forcés à l'abus sexuel. Ils deviennent les victimes de la traite. Ce fléau qui est « une forme moderne d'esclavage » doit être combattu, sans relâche, sous tous les cieux et en toutes occasions. En effet, il est impossible d'instaurer la démocratie là où l'esclavage existe.

Kitoko Michel

Chaque nation doit jouer son rôle pour défendre la dignité et les droits de l'être humain. Chaque communauté doit combattre la traite des personnes. C'est ce en quoi le thème choisi au cours de cette 3e édition de la journée de commémoration de l'esclavage et de son abolition s'intitule « l'Esclavage et sa continuité au 21è siècle » et j'en laisserai le soin aux intervenants de nous en dire bien plus au cours des débats et échanges qui interviendront.

Mesdames, Messieurs, le travail que vous menez ici et là est un devoir civique. Nous devons tous participer en protégeant ceux qui en ont besoin. La route est encore bien longue quoique l'on mesure le chemin parcouru. La victoire sur l'esclavage passe par la voie de la liberté qui est la pierre angulaire de la démocratie moderne.

La liberté d'être soi
La liberté d'exprimer notre opinion
La liberté d'être citoyens à part entière
La liberté de voter

Or, en cette ère de plaisir instantané, de narcissisme et de clinquant, il est facile d'oublier que les libertés considérées comme un acquis résultent de la lutte qui a mis un terme à l'un des plus grands crimes que l'humanité ait connus, le commerce transatlantique des esclaves.

Pensons-y

II y a moins de 400 ans, les esclaves devaient risquer leur vie pour avoir ne serait-ce qu'un aperçu de la liberté que nous tenons maintenant pour acquise. Qui les a libérés des fers de la servitude ? Qui les a libérés des chaînes de la cupidité et de l'exploitation ? Qui les a libérés des privations et des abus ? Libérés, enfin ! Mais ne soyons pas dupes. Cette liberté, elle a été acquise de haute lutte!

Le 4 Février 1794, pour la première fois dans l'histoire, fut proclamée par la Convention Nationale, l'abolition de la traite et de l'esclavage, près de 4 ans après l'adoption par l'Assemblée de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Mais l'abolition, appliquée dans toutes les colonies françaises, sauf à l'île Bourbon et aux Mascareignes, fut révoquée en 1802. II fallut attendre le 27 Avril 1848 pour que le gouvernement provisoire de la République abolît par décret l'esclavage.

Désormais, selon l'article 7 du décret d'abolition immédiate de l'esclavage : « Le sol de France affranchit l'esclave qui le touche ». Il est important de bien examiner ces évènements de 1794 et de 1848 et ainsi comprendre leur déroulement chronologique jusqu'à nos jours, de ce qui est désormais devenu une mémoire et un récit partagés. La loi portant sur l'abolition de l'esclavage a été le fruit d'interminables années de combat, qui ont vu des femmes et des hommes, libres ou esclaves, conjuguer leurs efforts et constituer un réseau international d'abolitionnistes.

Il y a plus de 200 ans, au cœur de la forêt tropicale, des ancêtres, des esclaves africains et indigènes en fuite, ont en effet uni leurs forces à leurs semblables de la Jamaïque, de Trinité, de la République dominicaine, ainsi que des Antilles françaises, semant la révolte générale dans les plantations de canne à sucre. Munis d'armes les plus rudimentaires, ils ont malgré tout réussi à créer une puissante armée, animée de la volonté inébranlable de mettre un terme à plus de trois siècles d'esclavage.

Et ils y sont parvenus. Ils ont courageusement vaincu les colons européens, et ont institué en 1804 la toute première République noire indépendante au monde. Et savez­-vous quel a été leur premier geste ? Ils ont rendu hommage aux premiers habitants de l'île en redonnant au territoire son nom original. Hispaniola n'existait plus. Désormais, c'était Haïti, un mot qui signifie « Terre aux nombreuses montagnes » dans la langue des premières nations de cette île, le peuple Arawak, qui a été décimé par la conquête, les maladies et l'esclavage.

Inspirés par le courage et la persévérance des gens d'Haïti, de nombreux autres hommes et femmes des deux côtés de l'Atlantique ont cherché à mettre un terme au commerce transatlantique des esclaves. Il convient de se rappeler que les abolitionnistes faisaient à cette époque partie d'un mouvement universel qui reliait la partie nord du globe à la partie sud d'un mouvement fondé sur les principes révolutionnaires de « Liberté, Égalité et Fraternité », qui s'inscrivaient au cœur même de la lutte pour l'émancipation.

Ce réseau témoigne éloquemment des nobles efforts que d'innombrables hommes et femmes ont déployés pour que tous soient libres. L'extraordinaire capacité des abolitionnistes noirs, blancs et autochtones à faire front commun s'est avérée essentielle pour déboulonner les idées qui servaient de fondement au commerce transatlantique des esclaves. Car l'esclavage n'existait pas de lui-même. Il reposait sur une sinistre idéologie où la cupidité et la haine rendaient inférieur, coupable de péché quiconque avait la moindre trace de sang africain, et le condamnaient à une vie de servitude, de travaux forcés et d'ostracisme.

Et même aujourd'hui, cette idéologie arrive encore à montrer son ignoble visage et contribue à des situations qui sont tout simplement inacceptables dans notre société.
Je parle ici :

De discrimination en matière d'emploi
De discrimination en matière de logement
De profilage racial
D'imagerie raciste

Nous ne pouvons tolérer ces disparités. Cela dit, nous devons trouver réconfort dans le fait qu'une nouvelle génération de Françaises et de Français rejette avec force le racisme et les autres formes de discrimination. Nous devons toutes et tous nous engager à multiplier nos efforts pour éliminer le racisme sous toutes ses facettes.

C'est, je crois, de bon augure.

Nous ne pouvons prétendre à une société libre et démocratique si nous ne retenons pas les leçons du passé et si nous ne sommes pas résolus à bâtir un avenir meilleur.

Pensons ici au personnage d'Aimé CÉSAIRE que nous honorons aujourd'hui. Il a été la preuve vivante que des obstacles tels la discrimination et l'adversité ne sont là que pour être surmontés. II a été un habile combattant pour la liberté, car ses ancêtres ont décidé un jour de fuir l'esclavage. Il s'est engagé à continuer sur les traces de ses ancêtres, et il est pour nous tous une source d'inspiration. Le parcours des Noirs vers leur pleine émancipation a une résonance universelle. Car il nous enseigne que nous sommes tous les agents de l'histoire. Que nous avons tous le pouvoir de provoquer des changements. Et que nous ne devrions jamais laisser quiconque éteindre la flamme qui nous anime.

L'histoire des Noirs revêt une signification universelle. Cette complaisance dans laquelle nous nous installons de plus en plus devrait plutôt nous rappeler à la vigilance.

Pourquoi ?

Parce que la bataille n'est pas terminée.

Car en plus du racisme et de la discrimination raciale, l'esclavage, les pratiques apparentées et la traite des humains ont trouvé le moyen de s'immiscer encore dans nos sociétés. Que ce soit dans la peur qui fige la jeune fille au coin de la rue, dans les menaces qui obligent un travailleur domestique à demeurer au service d'employeurs abusifs ou encore dans les conditions douteuses où certains de nos biens sont fabriqués.

Le spectre de la cupidité et de l'exploitation n'est jamais très loin.

Partout dans le monde, des formes contemporaines de l'esclavage et de la traite des humains font des ravages, déchirent des familles, détruisent des vies, des villages et des communautés, et livrent
des femmes et des enfants à la merci de prédateurs sans pitié. La France et le reste du monde ne peuvent et ne doivent pas être indifférents à de telles situations. Car des hommes et des femmes ont combattu trop durement pour laisser ainsi s'étioler ce qu'ils ont acquis de haute lutte. Une fois encore, le moment est venu pour nous tous de suivre l'étoile du Nord, et de dire non à l'injustice sous toutes ses formes.

Non à l'exclusion
Non au racisme

Et oui à la liberté, à l'égalité, à la justice, au vivre ensemble et à la solidarité.

Mes chers amis, nous devons garder la flamme allumée, et pas seulement pendant la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Parce que nous ne sommes pas encore rendus au bout de notre route.

Je vous remercie

Michel Kitoko, président de l’Union Des Africains

Commémoration de l'abolition de l'esclavage le 10 mai 2007 à Amiens

Le 10 mai 2007, à Amiens,
à l'occasion de la commémoration de l'abolition de l'esclavage au carré de la République et devant plusieurs personnalités et invités, la vice Présidente du Conseil Régional de Picardie Madame Annie Claude Leuliette à prononcé un discours dont la profondeur rapellait le sens de la responsabilité, de la solidarité et de la lutte contre toutes les formes de discriminations.
Monsieur HASSAN Ambassadeur de la Tanzanie à Paris, à prononcé un discours sur le quel il a rapelé les faits et les conséquences de l'esclavage en martelant les exigences des dettes extérieurs ainsi que la necessité de voir l'afrique se developper.

Commémoration de l'abolition de l'esclavage au carré de la République
à gauche la vice Présidendente du Conseil Régional de Picardie
à droite l'Ambassadeur de la Tanzanie à Paris
au centre, le Président de l'UDA.

Le Président de l'union des Africains (UDA), Monsieur Michel KITOKO a prononcé un discours très impotant et dont nous vous proposons son intégralité ci-bas.

Discours historique prononcé le 10 mai 2007 à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage au Carré de la République à Amiens (France) par Monsieur Michel KITOKO, Président de l’Union des Africains (U.D.A)

" Monsieur le Préfet, Représentant de l’état Français
Madame la vice Présidente du conseil Régional de Picardie.
Monsieur le Maire,
Honorables Députés, Chers Elus.
Messieurs les Ambassadeurs, Chers Diplomates.
Messieurs les Professeurs, Chers Maîtres.
Mesdames Messieurs.
Chers invités, Mes chers Amis.

Aujourd’hui, nous célébrons la 2e édition de la journée de commémoration d’abolition de l’esclavage. Pour cette journée, je viens vers vous, porté par un sentiment d’espoir et de confiance. Permettez-moi d’avoir une pensée respectueuse mais aussi affectueuse, à l’endroit des peuples, à l’endroit de la jeunesse, qui ont fait le choix de la responsabilité. Déjà une nouvelle approche de la paix, de la démocratie, du développement, notamment du développement humain. Le chemin à parcourir demeure long et incertain : toutes les énergies doivent se mobiliser. En ce siècle nouveau, de nombreux défis sont à relever, des enjeux majeurs nous attendent.

Il y a encore quelque temps, cette journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, personne n’y croyait. Ainsi je voudrai tout d’abord adresser un chaleureux merci à toutes ces personnes qui, ici et là, ont mis la liberté au coeur du combat de l’humanité, et permettre de célébrer cet évènement en tant que cause universelle.

- Je souhaite reconnaître l’action et le geste salutaire du Président de la République Française, Monsieur Jacques CHIRAC, d’honorer et de transmettre par cette journée du 10 Mai, une espérance de liberté, de fraternité et d’égalité, credo en lequel nous connaissons tous l’esprit de cette République qui nous rassemble.

- Je voudrai saluer le travail incontestable de toutes les équipes de Madame Maryse CONDE, Présidente du Comité Pour la Mémoire de l’Esclavage, ainsi que tout le dévouement de Madame Christiane TAUBIRA à faire voter une loi française du 10 Mai 2001 qui reconnaisse comme crime contre l’humanité la traite négrière et l’esclavage qui en a résulté.

Maintenant une renaissance est devenue possible, dans toutes ces consciences heurtées dans le vif de la chair et de l’esprit. Voici, l’humanité est entrée dans un âge où les destins des peuples sont indissolublement liés.

Dans l’histoire de l’humanité, l’esclavage dont la traite négrière, a été une forme de tragédie qui a meurtri les continents. Les mémoires en savent suffisamment de ce poids de l’histoire. C’est une blessure profonde ouverte au coeur de l’Afrique, une blessure qui pèse encore lourdement sur l’avenir et les consciences.

L’Afrique, dont il ne faut jamais oublier, est le berceau de l’humanité. Elle est dépositaire des trésors de sagesse et de culture, trésors qui permettent en réalité un autre regard sur la modernité. L’Afrique, c’est une démographie exceptionnelle, richesse et défi à la fois. Ce sont d’immenses ressources naturelles, porteuses de développement. C’est un élan, grâce au dynamisme de ses peuples, mais aussi des handicaps hérités de l’histoire. Ce sont des crises au flanc même du monde, dont la communauté internationale ne peut détourner les yeux. L’Afrique et le monde sont à la croisée des chemins.

Nous sommes réunis parce que la France aime l’Afrique, se sent liée à elle par les engagements de la fraternité, de l’histoire et, tout simplement du coeur. Nous sommes réunis parce que nous sommes convaincus que l’Afrique a tous les atouts et toutes ses chances. C’est en ce sens que cette journée de commémoration d’abolition de l’esclavage est un véritable rendez-vous avec l’histoire car elle permettra de tisser les liens les plus solides avec l’avenir, le socle qui fera l’attachement des générations avec notre destin, nos valeurs de liberté, de démocratie, d’humanité, des droits de l’Homme. Ici en cette journée, il y a quelque chose de bon, quelque chose de meilleur, quelque chose de grand et qui a du sens : c’est le respect de la vie sous toutes ses formes. J’apporte ainsi un témoignage vivant contre l’oubli et le silence, l’exercice de mémoire restant incontournable et nécessaire pour faire en sorte que, ce qui a été la négation de l’être humain ne se répète plus mais que l’on puisse bâtir l’avenir en restaurant l’homme dans sa dimension d’être. Cette raison, si chère au regard de tous, donne un cadre édifiant qui se veut marquent et solennel. Ce que je vous propose, ce n’est pas de regarder en arrière pour agiter je ne sais quelle inquiétude (...) mais d’inventer ensemble la vie de la cité amiénoise, tous ensemble la France de demain.

De l’histoire de l’esclavage, gardons dans nos coeurs les racines de l’amour, retenons les leçons de la tolérance pour vaincre les préjugés, prônons la dignité, l’ouverture d’esprit et le respect qui sont des marques de vertus de toute société juste, prenons acte de cette réflexion des faits que nous confèrent les enseignements de l’histoire.

Certes, il est des luttes auxquelles le devoir et la responsabilité nous interpellent tous. Nous ne devons jamais tolérer qu’en ce 21ème siècle il y ait encore des angoisses permanentes concernant l’identité et la culture des individus. Aujourd’hui, presque dans tous les continents, le rapport des Nations Unies affirme que plus de 20 millions de personnes sont victimes d’asservissement. Combien de générations de familles enchaînées dans la servitude, combien d’enfants travaillent très souvent sans salaire dans des conditions épouvantables, combien de jeunes filles soient vendues pour se livrer à la prostitution, combien de pays complètement agenouillés pour des dettes qui remontent à plusieurs décennies et générations dont on ne sait dans quelles conditions ou circonstances elles ont été contractées ?

Michel Kitoko

Ces sont bien là des formes de l’esclavage moderne. Cette lutte contre l’esclavagisme moderne doit continuer pour qu’enfin, l’article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen soit une réalité applicable à tous quant à son affirmation : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ». En 1862 Abraham LINCOLN déclarait devant le Congrès Américain : « En donnant la liberté aux esclaves, nous assurons celles des hommes libres ». La profondeur de ce message tient à un principe : la liberté et la dignité ne sauraient souffrir d’aucune exception.

Soyons donc vigilants, combattons toutes les facettes de l’esclavagisme moderne, cela nous permettra de construire l’humanité ensemble. Le refus de ce combat est un recul contre la liberté, un recul contre le respect de l’humain et de la vie. Regardons ensemble ce passé par le rétroviseur et, j’en suis persuadé que nous gagnerons ce combat car il y va de l’intérêt, de la dignité et de la fierté de tous. Concrétisons cette unité quelles que soient les convictions, les croyances et les aspirations des individus. Oui, je crois que cela est possible car :
- L’Union est une force dans la solidarité et le respect des valeurs de la République ;
- L’Union est une victoire dans l’idéal des peuples à construire ensemble avec toutes les générations les jalons du futur ;
- L’Union est dans la fraternité, l’égalité, la justice, la liberté des modes d’expression ;
- L’Union est dans la cohésion sociale et le développement des rapports humains du vivre ensemble ;
- L’Union est dans cette idée neuve qui apporte une lueur d’espoir, dans ce regard social, dans cette synergie qui prend forme ;
- L’Union est dans le rassemblement et l’ouverture, dans cette réussite du changement la main dans la main.
- L’Union, c’est croire en la valeur des hommes et des femmes en mouvement.

Ainsi au nom de l’Union Des Africains (U.D.A), nous lançons un appel à toutes les bonnes consciences, pour dire :

- NON aux égoïsmes et à l’hypocrisie ;
- NON à la discrimination ;
- NON au racisme ;
- NON à la démagogie ;
- NON à la fatalité et HALTE à l’esclavage.

Nous voulons crier, affirmer haut et fort :
- OUI à la famille et à l’humanité ;
- OUI au progrès social et à la non violence ;
- OUI à la conjugaison des valeurs du travail et de la réussite ;
- OUI au respect des Droits de l’Homme et du Citoyen

Je vous remercie. "

Michel KITOKO Président de l’union des Africains (UDA)

DISCOURS D’ANNIE-CLAUDE LEULIETTE
POUR LE COLLOQUE SUR L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE LES 8-9-10 MAI 2007 A AMIENS.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

"J’habite une blessure, j’habite des ancêtres imaginaires, j’habite un vouloir obscur".

Ces mots qui portent haut la beauté de notre langue, la profondeur de la pensée humaniste sont d’un immense poète, Aimé Césaire et disent mieux que tout autre la souffrance que je partage avec vous à l’heure où nous fêtons l’abolition de l’esclavage.

Oui, c’est une blessure immense que ces hommes, ces femmes, ces enfants exploités comme des objets et si je me réjouis que l’esclavage soit aujourd’hui considéré, de par la loi, comme un crime contre l’humanité, je comprends la colère du poète et de l’homme de paix Aimé Césaire qui constate qu’il a fallu attendre 1848 pour que celui-ci soit abolit sur le territoire de la République.

Je souscris et je partage avec lui cette vision quand il affirme :
"Je ne rumine pas le remord, je n’ai que de l’impatience acide de nos plaintes enrobées d’angoisse "
.

Oui, il est temps, il est plus que temps de dire avec Lincoln que "si l’esclavage n’est pas mauvais, alors rien n’est mauvais".

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, il y a quelques jours à peine, la France était, encore, en campagne pour les élections présidentielles, et à vous comme à moi, il fut donné d’entendre, je le reconnais à propos d’autres sujets, que la repentance devait passer de mode. Je serais la première à considérer que le remord n’est pas une politique, mais je serais la même première à exiger que la reconnaissance d’un crime et la réparation d’une barbarie ne puisse être rayée d’un trait de plume dans les tréfonds de l’histoire.

Pourquoi ? D’abord parce que si cette même histoire ne se répète pas, il lui arrive de balbutier lamentablement, et que je sache, l’esclavage n’a pas encore été totalement éradiqué de la planète, il me souvient même que des tribunaux français doivent, heureusement peu souvent, encore y faire face.

Ensuite parce que les victimes en sont toujours les mêmes, les sans défense, les sans droits, les sans papiers, les plus démunis, les plus pauvres, ceux dont la parole est sans cesse bafouée, ignorée, reléguée aux confins de l’humanité…

Toujours, parce que cela plaise ou non, la couleur de ceux qui souffrent est sans cesse la même, irrémédiablement la même et qu’il faut bien dire des choses simples mais vraies : esclavagisme, colonialisme, racisme et exploitation des personnes à des fins socio-économique riment lamentablement et prospèrent sur la misère des plus pauvres. Il en est même, hier autant qu’aujourd’hui, qui pour légitimer cet état de fait, passé et présent, invoquent Dieu ! A ceux là, citant un autre poète André Chénier, je dirais simplement et pour clore ce débat que "si Dieu fait la liberté, seul l’Homme fit l’esclavage"

Mais qui dit esclavagisme invoque aussitôt son antidote, l’anti-esclavagisme, et si vous me le permettez, c’est par cette lutte formidable que je souhaite terminer cette modeste contribution à vos travaux.

Je ne résiste pas à reprendre l’intégralité de l’article premier du décret du 27 avril 1848, décret anonyme, c’est dire, mais dont nous savons qu’il fut rédigé par Victor SCHOELCHER et qui stipule : "l’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises. A partir de la promulgation du présent décret, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres seront absolument interdites."

Mais que de chemin parcouru pour en arriver à cette évidence, que de lutte, de combat, de résistance et de révolte pour que la liberté, droit élémentaire de tous les hommes, triomphe ?

Je ne reprendrais pour l’illustrer que les propos de Louis de Jaucourt dans l’encyclopédie datée de 1776, avant même la révolution française, qui écrivait : "cet achat de nègres, pour les réduire en esclavage, est un négoce qui viole la religion, la morale, les lois naturelles et tous les droits de la nature humaine."

Je pourrais bien sûr rappeler ici ce long combat, qui d’Adam Smith à Arago, en passant par Toussaint Louverture et William Pitt, traverse les 18ème et 19ème siècle. Qu’honneur et justice leur soit rendue ! Mais souvenons nous que malgré cette incessante lutte, ce n’est qu’en 1980 que la Mauritanie, dernier pays à officiellement le pratiquer, a voté son abolition. Ne soyons pas pour autant nécessairement convaincus qu’il appartient définitivement au passé et dans notre modernité surprenante d’inventivité perverse qui s’ingénie à redéfinir l’exploitation humaine sous toutes ses formes, il est une femme à qui je souhaite rendre un hommage fort et vibrant.

Christiane TAUBIRA, députée de la Guyane a donné son nom à la loi française du 10 mai 2001 qui reconnaît comme crime contre l’humanité la traite négrière et l’esclavage qui en a résulté.

Il s’agit de cette reconnaissance, acte essentiel à laquelle je faisais tout à l’heure allusion, mais qu’il me soit permis au passage de regretter la frilosité de ces collègues qui n’ont pas souhaité faire référence aux conditions de réparation de ce crime. Il sera nécessaire, je le crois, de le faire un jour.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, je veux vous dire combien je suis heureuse d’être ce jour avec vous, au milieu de vous et puisqu’il faut bien terminer, je citerai ce propos qui disait : "chaque fois que je vois quelqu’un défendre l’esclavage, j’ai une énorme envie de lui voir appliquer personnellement".

Tout est dit. Merci de votre attention.

Programme

Groupe de Musique africaine : "Requin Blindé"

Chorale : "Les Multivoix"

Chorale : "Les Messagers"

Groupe : "Idlers Row"

MARDI 8 MAI 2007 • Grande salle Dewailly (place Dewailly)
9h00 - 9h25 Accueil des participants + café
9h30 Ouverture du colloque
9h35 - 9h45 Allocution du Président de l’AFRICAPAC (Association
des Étudiants d’Afrique, d’Amérique, des Caraïbes, et du Pacifique)
9h50 - 10h00 Allocution du représentant de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie)
10h05 - 10h15 Allocution du Président de l’UPVJ (Université de Picardie Jules Verne)
10h15 - 10h25 Allocution du Président de l’UDA (Union des Africains)
10h30 - 11h15 Pr. Jean William Wallet : « Esclavage négation de la personne »(Professeur à l’Université de Picardie Jules Verne Amiens)
11h20 - 12h05 Débat
14h00 - 14h45 Pr. Jean Charles Coovi :
« La véritable histoire de l’ esclavage des noirs: du crime contre l’humanité au crime contre la mémoire » (Paris)
15h40 - 15h55 Débat
14h50 - 15h35 Bongo Mboyi : « De l’histoire aux histoires de la traite négrière atlantique: réflexions autour d’une mémoire qui divise » (Paris)
17h10 - 17h55 Débat
16h00 - 16h15 Pause café
18h00 Fin de la première journée du colloque

MERCREDI 9 MAI 2007 • Place Gambetta (Centre ville)
9h00 - 11h00 Installation de 3 chapiteaux symbolisant les continents Afrique - Europe - Amérique
11h00 - 12h00 Ouverture du village africain, Accueil du public
12h00 - 14h00 Présentation des expositions: tableaux peintures & dessins, objets d’arts
14h00 - 16h00 Animations (élèves des écoles, collèges, lycées) sur le podium: contes, poèmes, théâtre, chants, danses
16h00 - 16h15 Pause : stand = goûter + boissons
17h00 - 17h30 Animation par un artiste peintre sur le podium

MERCREDI 9 MAI 2007 • Grande salle Dewailly (place Dewailly)
9h00 - 9h35 Doumbi Fakoli: " L’oeuvre de Cheikh Anta Diop et la renaissance africaine"
9h40 - 10h00 Steve Wilfried Mounguengui : " Cheikh Anta Diop: les enjeux pragmatiques du savoir "
10h15-10h25 Gildas Nzokou : " Le Diopisme et la réinvestiture du paradigme Egypto-Nubyen : Etat des lieux " (Lille)
10h20 - 10h55 Débat et synthèse, 11h00 - 11h15 Pause café
17h30 - 19h30 Table ronde en trois ateliers (discussions): " L’esclavage et ses conséquences au XXIe siècle " ,
Atelier 1 : Aspect culturel, Atelier 2 : Aspect social et humanitaire, Atelier 3 : Aspect économique et politique
19h30 - 20h00 Autour d’un pot : collation & poursuite des échanges, 20h00 Fin de la journée

JEUDI 10 MAI 2007 • Place Gambetta (Centre ville)
11h00 - 12h00 Ouverture du village africain, Accueil du public
12h00 - 14h00 Présentation & expositions (par le Centre Léo Lagrange): oeuvres, objets d’arts, peintures & dessins
14h00 - 16h00 Animations diverses et spectacles sur le podium: Musiques & danses avec « Requin blindé », Lecture de poèmes & mélodies, Représentation théâtrale, Chants : Gospel, Négro spirituals,…, 16h00 - 17h00 Marche silencieuse

Commémoration de l'abolition de l'esclavage en france 2006